L'altitude se traduit par la modification du climat : les précipitations augmentent et les températures s'abaissent ; l'hiver, les pluies tombent sous forme de neige, qui demeure au sol jusqu'au printemps. Le gel y dure plusieurs mois, mais l'été est suffisamment chaud pour permettre la croissance des végétaux, sauf à très haute altitude, où pierriers, neiges éternelles et glaciers se partagent la montagne. Ce sont donc les saisons intermédiaires, où alternent gels et dégels, qui constituent les périodes les plus difficiles. Les végétaux sont soumis à de brutales variations de température, les sols au ruissellement provoqué par la fonte des neiges. Puisque ces contraintes varient selon l'altitude, les milieux végétaux correspondants sont « étages » — on parle d'étagement — et leur succession, du bas du massif jusqu'au sommet, évoque la succession observée en plaine de la zone tempérée vers la zone froide. Les chênaies de plaine cèdent en effet la place aux hêtraies, puis aux sapinières. Au-dessus de 1300 mètres, les forêts d'épicéas et de mélèzes précèdent, jusqu'à 2200 mètres environ, l'étage alpin, qui marque la limite supérieure de la forêt : la pelouse d'altitude, balayée par le vent, fréquemment gelée, est un tapis herbacé où genévriers, bouleaux et saules nains forment des masses à peine buissonnantes. L'alternance du gel et du dégel contribue également à détruire la partie superficielle des roches. Au printemps, lorsque la neige fond, les torrents en crue charrient ces matériaux et les entraînent vers le bas des pentes, d'autant plus violemment que le défrichement de la forêt favorise le ruissellement.